vendredi 23 octobre 2009

Nepal 1





Retour d'un trek de 8 jours dans le sanctuaire de l'Annapurna. Ce matin, mes yeux se sont ouverts aux premieres lueurs du jour. Passer autant de temps dans les montagnes, ca instaure un cycle qui calque les levers et couchers de soleil. Mais ce matin, c'est ferie pour mes deux jambons gorges d'acide lactique. Pas de montee. Pas de descente. Rien.

Le Nepal s'avere etre un soulagement apres Varanasi et ses perce-oreilles (tellement gros qu'ils peuvent aussi faire des Prince Albert). Le tempo ralentit. Les evenements incongrus perdent en effectif. Les montagnes sont grosses.

Chronique exclusive "Sommelier sans sommier": Le Waimea. LA bouteille que Charles decide d'apporter au Nepal pour celebrer le debut de ses vacances. Un pinot noir avec un fort caractere, des mures biens persistantes et une finale caramelisee. Ce sera doux doux doux dans votre estomac. Croyez m'en.

C'est a partir de Pokhara que nous (Pehashmina, Ti-bec, Annine et moi) decidons d'aller rendre une premiere visite a ces roches nappees de glacage a la vanille: la chaine des Annapurnas. Denivele total de la randonnee: environ 3000 m. Par contre, les vallees etant ce qu'elles sont, nous devons encaisser plusieurs montees et descentes sans contribution a l'ascension totale. C'est ainsi que le denivele ressenti se voit double. Peu importe, nous avancons de village en village en ayant l'omnipresent Machapuchre (Fish tail, 6993 m) en arriere-plan. Nous passons successivement des rizieres aux forets de bambou, pour finalement terminer notre periple en region alpine. Le camp de base de l'Annapurna I. La ou ne poussent que les roches et le froid.

Je pourrais decrire le paysage au pied de ce geant (8091 m), mais j'ai bien peur de ne pas lui faire honneur. Alors je mets quelques photos qui, je l'espere, rendront du moins en partie la monstruosite de ces cailloux.

Voici quelques points forts/ridicules du trek:
-Les t-shirts d'Avril Lavigne. Plus nombreux que ceux de Shakira. Vous pouvez etre fiers d'etre Canadiens.
-Les vaches. Elles beuglent. Elles bloquent le chemin. Nous les aimons.
-Mes quelques phrases en nepali. Des mots qui font sourire les habitants et qui nous permettent d'interagir avec les enfants.
-Mes 11 dal bhats. Le plat typique nepalais qui consiste en une portion dementielle de riz, du dal (lentilles dans un bouillon garam masala) et un curry de legumes. Ce plat est implicitement a volonte, et il est difficile de refuser le deuxieme service.
-Jouer "Faust Arp" de Radiohead a 4300 m d'altitude, surpassant ainsi l'exploit de Thom Yorke sur sa petite colline (http://www.youtube.com/watch?v=YFYp_AK8G3w).
-Se baigner dans des sources thermales sur le bord d'une riviere d'eau de glacier.

Chronique "Affaire sans-dessein": Mon nouveau jeu nepalais qui s'intitule "Mastisca kaha tcha?" (ou est le cerveau?). Tu poses la question a quelqu'un, puis tu pointes differentes parties de ton corps en demandant "tyaha?" (la?).

Nous allons terminer notre aventure comme il se doit au bar 40,000 1/2 feet a Kathmandu, la ou toutes les expeditions aux Everest, Lhotse, Cho Oyu et cie se terminent. La coutume veut que nous inscrivions notre exploit sur un gros pied en carton pour ensuite l'accrocher au mur. Sur notre pied, nous inscrirons "Mont St-Hilaire, 414 m).

Demain paragliding. Apres-demain rafting. Ensuite, nous (-Annine) prenons l'avion jusqu'a Lukla pour aller trekker le camp de base de l'Everest, le Kala Patthar, le col Cho-La, ainsi que Gokyo Ri. Le tout nous ramenera a la semi-civilisation de Kathmandu le 16 novembre. Depart pour Bangkok deux jours plus tard. Ben ben du fun devant nous.

dimanche 11 octobre 2009

Inde 5 (final)



Fini l'Inde. Deux trois amis, un trip a Kathmandu.

Notre sejour a Varanasi. Derniere ville de l'Inde avant le Nepal. Nous voulions un dernier jab de l'Inde dans les dents. C'etait definitivement la bonne destination a cette fin. A peine debarques du train, nous nous faisons avoir dans une gamique de clown. "Bring us to the Vishnu Rest House"... le chauffeur de rickshaw nous amene evidemment a un faux Vishnu Rest House, le Maa Vishnu Guest House (ils ont un systeme de commission lorsqu'ils amenent des clients dans ces hotels bidons). Nous nous en rendons compte apres avoir paye une avance de deux jours. On se sent un peu idiots, mais ca passe.

Chronique "Consistance": Retour a ACDC. Enfin.

Nous remplissons notre horaire avec 32 activites... Randonnee de bateau au lever du soleil pour voir les ceremonies du matin sur les ghats (les marches qui descendent dans le Gange), randonnee de bateau le soir pour les ceremonies du soir, visite de quatre temples, visite de Mughaltown, cours de cuisine, spectacle de musique indienne, cours de sitare et tablas, et bien entendu, regarder des morts qui brulent! Pour ceux qui se le demandent (je sais qu'il y en a), non, nous n'avons pas vu de bebes tandoori. Ils sont jetes directement dans le Gange, sans cremation, attaches a une grosse roche. Tout comme les sadhus, les femmes enceintes, et les gens qui sont mordus par des cobras. Question de purete. Ca salit pas trop la riviere.

Chronique "Affaire sans-dessein": Notre truc pour nous debarrasser des vendeurs est de dire qu'on est allergiques a ce qu'ils nous proposent... Hashish = allergiques, tour de bateau = allergiques, trek = allergiques. Ou bien de negocier les prix a la hausse. Ca brise leur cerveau a coup sur.

Enfin, le depart de Varanasi vers le Nepal. En quittant l'Inde, j'essaie de tracer une synthese de ce pays... mais je me retrouve devant une tache impossible. Un peu comme essayer de tricoter un foulard avec une couche, un cadavre de chien, et une poignee de garam masala. C'est une diversite dont les parties ne forment un tout que par leur emplacement. A chaque jour, l'imprevu est a l'horaire, meme apres 5 semaines. Les elements incongrus se succedent dans une suite dont l'ordre semble tire au hasard. L'hypothese d'une intervention divine ne se tient qu'en considerant le penchant de Shiva pour le hashish (surement coupe au crystal meth). S'enchainent les vaches qui mangent du carton, les Bollywood ou l'equivalent indien de Van Damme tue 15 mechants puis se met a chanter et danser, un enfant de 5 ans dans le train qui prend 3 puffs dans un sac en plastique avant de donner trois coups de balai par terre et quemander quelques roupis, les murs d'hotel macules de crachats rougis par les chiques de betel (tabac a macher rouge qui donne la permission d'utiliser sa salive pour tracer son territoire), les sandales d'enfant accrochees au squelette des cyclo-rickshaw, les vendeurs de soie qui reussissent a me faire acheter pour 100$ de marchandise... Une experience des plus sensorielles; l'Inde, ou plutot LES Indes, percolent aisement au travers de notre bulle occidentale. Elles nous enduisent d'un film chaud et huileux en nous criant dans les oreilles. Elles sentent les dejections de la vie et les cendres de la mort; une celebration de l'incontinence dans une grange. Elles nous bousculent, nous faisant valser entre l'emerveillement et la colere. On l'aime, puis on la deteste, puis on aime la detester. Puis on apprend. On en part soulages, mais charges d'un bagage aux teintes de saris (robes colorees des femmes) et aux effluves de cumin qui nous y ramenera presque inevitablement.

Aujourd'hui, nous allons chercher Charles a l'aeroport (fun plus). Ensuite, depart vers Pokara pour un trek au camp de base de l'Annapurna. Ensuite, retour a Kathmandu pour un trek du camp de base de l'Everest avec un leger detour vers Gokyo. Mon gambadage dans les montagnes sera un obstacle a la mise a jour du blogue, alors soyez indulgents. C'est tout.

mercredi 7 octobre 2009

Inde 4




Bon...

L'Inde etant l'Inde, j'ai du, bien contre mon gre, vous delaisser quelque peu. J'ai essaye de transferer des photos a au moins 5 reprises, mais en vain. Le cordon qui raccorde les ordinateurs au serveur est un peu comme un fil qui trainerait dans de la marde de vache, la pisse de chien, et le jus de calinours, mais sans le jus de calinours.

De Leh a Delhi. Nous volons, parce que nous nous sentons riches. Survoler la chaine himalayenne, ca etend un sourire sur une face en ti-pepere et quart! Le tout pour nous ramener a Delhi, la ptite fille qui a mange un gateau au chocolat pis qui en a plein la face et qui crie parce que sa couche est pleine (cet arome qui ne demande pas la permission avant d'entrer dans le nez). Ayant lezarde assez longtemps dans les montagnes, nous etions prets a prendre la ville d'assaut. Voici quelques points marquants de notre court sejour dans la capitale:

-Jouer au criquet dans une ruelle avec des Indiens
-Chauffer un cyclo-rickshaw avec Ph et le chauffeur de cyclo-rickshaw sur le siege arriere
-Se faire payer un kulfi (creme glacee a la cardamone) par un Indien dans la rue qui avait oublie que c'etait lui le pauvre et nous les riches
-J'ai attire des clients dans un magasin d'epices avec l'approche indienne "My friend, you want spices, have a look"
-Me faire raser les cheveux pour 40 roupis, (90 cents).
-Et plus...

A partir de Delhi, nous avons deux nouveaux partenaires de voyage: Will et Annie qui travaillaient au Burgundy Lion avec PH.

Depart vers Darjeeling. Le plan: un train de 33 heures en classe pauvre (pas d'air climatise, et sale comme la panse d'un porc couche dans son lisier) et 3 heures de mini-bus. ERREUR ERREUR ERREUR. Premiere cochonnerie, on se reveille a la derniere minute pour se rendre a la gare alors nous demandons au chauffeur de taxi "Can you bring us there fast?"... il conduit alors a une vitesse dementielle et brule les lumieres rouges en disant "You see red light, for you, no red light, you happy, you give me good money". Tout ca pour attendre le train pendant 5 heures et se faire dire qu'il va etre en retard de 14 heures... 14 heures! Deuxieme essai le soir, le train n'a que 2 heures de retard. L'enfer. Fait chaud, ca pue, on est sales... tellement sales... Nous inventons la discipline olympique de la lingette 5602. Tous les participants prennent une lingette blanche (wet ones) et la rendent la plus sale possible avec leur face, leur cou et leurs bras. Et bien, je suis la personne qui accumule le plus de salete (medaille d'or)! Ph pour sa part a une mention d'honneur pour avoir fait moisir son chandail sur son dos.

Darjeeling. Merveilleuse ville, perchee dans les montagnes, entouree de plantations de the, et ayant pour arriere-plan la monstrueuse Kachengjunga (3e plus haute montagne au monde). Arrives a l'hotel, le proprietaire nous met du riz rose dans le front, nous verse 4 onces de whiskey, et nous donne 10 roupis et une sucrerie. J'imagine que c'est le riz rose, mais c'est a partir de la que mon tube digestif se transforme en usine de tisane au chat mort. Superbe usine. Tu mets n'importe quoi a l'entree... nan, momos, riz, chowmein,... a la sortie, c'est toujours la meme affaire. TISANE AU CHAT MORT.

Chronique "Hallucination auditive": Un petit garcon qui vendait des ballounes et qui disait "Ballounes, ballounes, ballounes"!

Nous avons visite le zoo (j'ai vu une panthere des neiges - mes parents comprennent l'emoi), le centre de mountaineering (etabli par le premier Sherpa a escalader l'Everest), une plantation de the (Happy Valley Tea Estate), nous avons bu du the noir, vert, blanc, raye bleu et jaune, BEAUCOUP DE THE... Une bien belle place que Darjeeling.

Ensuite, le Sikkim. 3 heures de route dans les plantations de the, la jungle et les rizieres pour se rendre a Gangtok. Une autre belle ville, mais qui est bondee de touristes Indiens. Un peu comme un village du Mont-Tremblant qui sent le clown. Deux jours la-bas nous suffisent et nous retournons a Darjeeling. Will nous quitte vers Calcutta. Annie nous quitte vers Kathmandu. Nous partons finalement vers Varanasi... en classe semi-riche cette fois-ci!

Et c'est la que nous sommes. A Varanasi. Les morts brulent. C'est chaud. Vous etes tannes de me lire. Nous partons vers le Nepal dans 2 jours. Charles Rousseau arrive bientot. On a hate, beaucoup.