mercredi 23 septembre 2009

Inde 3




(je vais ajouter une photo a la fois... c'est long)

Demain deja, nous quittons le Ladakh. Ses montagnes arides. Son air qui semble voler une tasse d'eau a chacune des expirations, qui crevasse les levres jusqu'au sang. Ses glaciers qui se fondent en rigoles autour desquelles se developpent de maigres parcelles verdoyantes. Ses routes impossibles qui doivent enjamber des cols enneiges pour relier les vallees. Ses monasteres isoles qui grimpent aux rochers, charges de moulins a priere et du flanant bouquet ou encens et beurre se metissent. Sa facon d'etre simple dans sa pointe-folle.

Mais ce que nous laissons plus que tout derriere, ce sont les gens. Leurs "Julley" chantants (qui signifient bonjour, au revoir, merci, de rien, et surement d'autres choses que nous n'avons pas eu le temps de saisir). Les tranchees que les annees creusent autour de leurs yeux a force d'hivers sans chauffage, de soleil sans ecran, et d'un air avare de la moindre goutte d'eau qui ose s'aventurer dans l'epiderme. Et leur sourire. Leur sourire qui perfuse, qui ne s'accorde jamais en nombre car il est constant, simple, et contagieux. Leur sourire qui transpire, qui innonde les rues ou vaches, chiens et sandales orphelines naviguent en paix... C'est donc le coeur serre que nous repartons vers Delhi, la rebelle.

Treve de plaisanteries, voici en quelques mots nos derniers jours:

La journee monasteres. Nous voyons successivement les monasteres de Likkir, Alchi, Rhizong et Lamayuru. Le tout en compagnie de notre conducteur/guide Dorje, et du couple d'Israeliens que nous surnommons affectueusement "Bras d'ours" et "Caca d'nez" (son reniflement provenant d'une sombre region entre le nez et la gorge a un effet tonerre dans le silence religieux des monasteres). A Alchi, il est interdit de prendre des photos dans le monastere. Le moine responsable avertit un touriste japonais pris sur le fait qui lui repond par un sourire niais. L'effet sashimi veut bien sur que notre imbecile prenne une autre photo... le moine, tel un ninja la couche pleine, prend alors son elan pour survoler une table qui les separe et assomer notre clown bride d'un grand coup de billets d'entree (il en restait au moins 250 dans la pile). Drole. Tres.

Chronique "Hallucination auditive": Alors que nous avalons gouluement notre diner, une chanson indienne dit tres clairement "Tu m'as dorlotte, dorlotte". Fait interessant, nous avons fait deviner de quelle chanson nous parlions a quelqu'un en lui recitant la phrase "Janik a vend des raies". Ca aussi, c'est drole.

Le Pangong lake. Un lac a 4 heures de routes tortueuses a partir de Leh, a 4300 m d'altitude. Beau. Pas mal. Nous residons dans une famille ou deux generations s'occupent de nous: les grands-parents et les parents (les enfants etudient a Leh). A un moment, une vache entre sur leur terrain et se dirige vers leurs reserves de foin... la vieille s'elance vers la bete alors que le conducteur commence a lancer des roches. Je veux, moi aussi, lancer des roches. Je prends un caillou et m'elance bien maladroitement... le projectile passe a environ 15 m de la bete, et 1.5 m de la vieille! Un malaise, suivi d'un rire incontrolable et d'excuses que la vieille dame semble trouver bien superflues.

Plans futurs: Delhi pour une journee, puis train vers Darjeeling. The noir, je vais te faire la passe du ptit canard qui tousse!

Lectures de voyage:
Moral Minds (Marc Hauser) - fini
Into thin air (Jon Krakauer) - fini
Shantaram (Gregory David Roberts) - en cours

vendredi 18 septembre 2009

Inde 2






Toujours au Ladakh. Comme dirait Daniel Boucher: "Ce pas mal BOOOooo par icIIIttte"!

Voici un resume cahotique de la semaine.

Nous assistons a un match de polo. Avec des chevaux. Avec une balle. Avec des chiens errants sur le terrain. Avec une voiture stationnee sur le terrain. Avec tous les problemes qu'entrainent des chiens et une voiture sur un terrain de polo, a 3500 metres d'altitude. Avec des joueurs de polo sur les chevaux.

Chronique "Affaire sans-dessein": Kapazoom, tu as souille nos souvenirs d'enfance.

Nous louons des scooters. Des vieux scooters. Des scooters manuels. En 10 minutes, je reussis a faire un willy (aussi involontaire qu'un sphincter), me perdre dans une rue sans lumiere et etouffer, prendre la clutch pour le frein, et rouler du mauvais cote de la rue (qui est le bon au Quebec). Considerant mes aptitudes, nous decidons d'aller conduire sur la route la plus elevee au monde, la Khardung La (5600 metres au plus haut point). Cette route mene a la Nubra Valley, une belle vallee. Une tres belle vallee. Dans la vallee, nous participons au Festival du Ladakh (ou Pestibal comme diraient les Indiens). Des chameaux, des momos, de la musique qui traite les
tympans comme du papier de toilette, des dunes de sable, et du CHANG! Enfin de la biere que l'on se dit... En fait, c'est un peu comme de la biere en transition. Bien opaque, la levure donne le coup d'envoi au bouquet, puis au gout, des fortes notes de levure prennent le relais. Pas genial. Quelques points de plus que la gomme savon maison (du grand inventeur Barette). Le gouverneur du Ladakh passant par la nous demande: "You guys enjoy your drink?". Nous lui mentons. Au retour de la vallee, la moped cede. A 500 metres du point le plus eleve. Pousser un scooter dans une cote a 5600 metres d'altitude, c'est exotique, mais on s'en passerait.

Chronique "Affaires de drole". Le Ladakh a une campane de sensibilisation pour la vitesse sur la route. Voici quelques slogans inscrits sur le bord de la route :
- I love you darling, but not so fast!
- Be gentle with my curves
- If you're married, divorce speed

Le Stok Kangri. C'est une montagne. C'est une grosse montagne. On la voit a tous les jours de notre chambre d'hotel (vous pouvez la voir sur une photo du dernier blog ou PH et moi sommes assis de dos - c'est la plus haute montagne a droite). PH en reve depuis longtemps. Nous decidons d'essayer de la gravir. C'est donc en compagnie de notre guide Norbu (qui veut dire en Ladakhi "On n'avait plus de cerveau quand on l'a fait donc on a mis une tranche de jambon cuit a la place"), un commando de l'armee, que nous nous enlignons sur les 6123 metres d'altitude du massif au sommet enneige. Nous passons de la ville de Stok au camp 2 la premiere journee. Nous nous reveillons le lendemain dans une tempete de neige qui fait redescendre tous les gens qui etaient au camp de base. La neige disparait tranquillement avec les degres que le soleil de 11 heures apporte. Nous nous rendons donc au camp de base, sachant tres bien que les flocons ont du etre plus abondants au sommet. La soiree est froide, et la sante de PH fait du downhill. Au reveil a 1:30 am (puisque le depart est planifie pour 2:00 am), PH n'est pas dans son assiette; entre puddings et condiments, il abdique apres 30 minutes d'ascension. Un soldat de perdu. Je continue mon chemin avec Commando qui continue a deblaterer des idioties dignes d'un jambon. A 8:00 nous atteignons le sommet. Une belle vue avec un mal de tete, le souffle court, une nausee, et les jambes molles. Un gros "tick" dans la boite "sommet de plus de 6000 metres". Puisque que notre "navet tireur de Pakistanais" veut avoir le meme cachet pour une journee de moins, il nous fait redescendre dans la meme journee jusqu'a Stok (a environ 3600 m d'altitude). Chemin total en 13 heures de trek: Camp de base (5050 m) - sommet (6123 m) - Stok (3600 m). Bobo.

Etant donne que l'on doit donner podium aux Grands, voici quelques moments celebres de notre Commando:
- Alors qu'il veut nous faire dormir a 1400 metres de plus que notre point de depart (les guides recommandent un maximum de 300 a 600 metres de denivele par jour pour
eviter les oedemes pulmonaires et cerebraux), il nous dit: "No need acclimatize!".
- A propos du glacier que nous devons traverser dans le noir total, il dit successivement: "No crevasses!" (j'ai du sauter par dessus trois), "Only little crevasses",
et "Crevasses, no problems!"
-Il laisse une palette de chocolat cheap (enveloppee) au sommet en cadeau pour je ne sais quel lama.

Chronique "Consistance": Toujours ACDC pour moi... une toune de Nathalie Simard pour PH (Moments magiques).

Bon, il ne nous reste que quelques jours a Leh, puis nous retournons vers Delhi. Je vous laisse sur l'hallucination auditive de la semaine: une femme qui faisait du
pouce et qui disait "M'EN ALLER!".

Mettez ca dans vos duo-tang. Et laissez des commentaires aussi.

lundi 7 septembre 2009

Inde 1






Ju-le!

Bon, me voici rendu a Leh en compagnie de PH "scrap toe" Marsolais. Seulement 6 jours se sont ecoules depuis mon arrivee en Inde, mais deja je devrai me contenir dans le detail de cette fresque cahotique.

L'arrivee a Delhi. Ouch le cerveau. Tes sens disent: "ARRETE!" mais Delhi continue. Ca bouge, ca pue, l'air est tellement plein de cochonneries que tu peux quasiment nager dedans, ca klaxonne, fait chaud, ca pue encore, c'est tout croche, c'est trop d'affaires en meme temps... Mais j'aime ben ben ca! Je semble bien naviguer dans le desordre.

PH arrive. J'entrevois le Tiger balm dans sa trousse de toilette. Je dors avec un oeil ouvert.

Chronique "Hallucinations auditives" (choses que l'on croit entendre en francais):

-Chars d’assaut (un marchand a Delhi)

-Janik ‘a vend des raies (chanson indienne)

-J’ai dejeune tot (chanson indienne)

-Ousque t’es mon petit chum chum ? (chanson indienne)

-J’aime tant les voisines (chanson indienne)


Apres une bonne saucette dans Delhi, PH et moi nous sauvons vers des paturages plus verts: Manali. Seize heures dans le fond d'un autobus qui a fait la guerre, sans avoir la prestance des petits tough de l'autobus jaune. A Manali, nous sommes loges dans un hotel juche sur une colline. Notre balcon ou nous sirottons les dernieres gouttes d’un single malt irlandais donne vue sur deux pics enneiges.


Chronique "affaire sans dessein" : Le pain nan a l’ail, c’est juste drole quand c’est mis dans la phrase "Kosse que tu fais la nan a l’ail ?"


De Manali, nous partons vers Leh. Deux jours de mini-bus avec une nuit dans une yourte a environ -5 C. Malgre le froid, l’experience est memorable. Nous apprenons a faire un curri de legume sur un rechaud (a la demande de Patrick Rousseau, je ne mettrai plus de photo de bouffe) et je jamme une toune de Sidewalk avec un indien trop poche aux percussions. Nous repartons vers Leh dans les routes en zig-zag. Nous voyons la carcasse d’une auto qui a deboule la montagne que nous nous appretons a monter. Croiser les doigts.


Chronique "Consistance" : Nous avons elabore un jukebox pour faire la trame sonore de nos visites au trone. Trois chansons :

-Hard as a rock (ACDC)

-TNT (ACDC)

-Cry me a river (Justin Timberlake)

Nous sommes toujours a la premiere chanson.


Nous sommes presentement a Leh. Pleins de moines. Un hotel avec une vue sur le Stok Kangri (que nous voulons grimper). Pleins de temples. Fait beau. On est ben !


Bon, c’t’assez !


Ju-le !


PS. S'il y a des fautes, c'est l'altitude.

mardi 1 septembre 2009

Au revoir Elizabeth...




Bonjour a tous,

Je serai bref car je quitte bientot pour l'aeroport London Heathrow.  Demain matin je serai a Delhi. Demain midi je mangerai du curry. 

Je suis de retour a Londres apres une semaine de congres a Dublin. L'Irlande, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est comme un endroit ou on boit de la Guiness. Pareil. Mais avec des differences. Ma presentation s'est bien deroulee, j'ai fait du bon reseautage, et ma boule de cristal projette maintenant une image floue des Bruins et d'une bisque de homard. Le tout devrait etre plus clair lorsque je nettoierai les dernieres taches de pad thai sur mes shorts a mon retour.

Mon passage a Londres a ete tres enrichissant. Sophie et Dan m'ont accueilli comme un roi! J'ai eu droit aux traditionels fish n chips, bangers n mash, mushy peas... et aux Evil Jellied Eels. Ce plat que Dan m'a decrit comme etant un East London Delicacy consiste en quelques morceaux d'anguille dans un jello d'eau de mer (voir photos ci-jointes). C'est donc avec ces images en tete que vous devez m'aider a trouver l'equivalent Quebecois pour le retour de Dan au Quebec. J'ai pense aux langues de porc dans le vinaigre et au boudin, mais vos suggestions sont les bienvenues.

Je joins aussi une photo de Brighton (ville cotiere au sud de Londres) sur le boardwalk. Vraiment, Angleterre, tu me decois. Tu me promets pluie et grisaille, et tu n'oses meme pas montrer un seul nuage.

Goodbye Elizabeth, goodbye beer battered cod... Je pars vers des horizons plus jaunes.

maky