dimanche 29 novembre 2009

Du Nepal a la Thailande






























J'ai encore une fois laisse beaucoup de temps s'ecouler avant de donner des nouvelles. Peut-etre est-ce a cause des iles paradisiaques ou les connexions internet faisaient un concours de lenteur avec mon cerveau imbibe de rum local. Ou peut-etre El Nino? Voici donc les grandes lignes de mon epopee depuis Katmandou jusqu'aux courants marins de la mer Andaman.

Notre sejour a Katmandou. Deux grandes occupations apres les semaines de trek: manger et boire. Pendant 9 jours. Nous avons meme un horaire pour reussir a manger a tous nos restaurants preferes avant de partir. Nonobstant l'orgie gastronomique nepalaise, quelques elements sont dignes de mention:
-Etant devenus tres bons amis avec notre vendeur de fromage de yak, nous sommes alles manger un dal bhat dans son appartement de 2x4 metres ou il vit avec sa femme et ses trois enfants.
-Notre restaurant prefere s'appelle le McDonal tandoori fast food. J'ai toujours un petit frisson desagreable lorsque j'entends "Est-ce qu'on va au McDo?" sortir de ma bouche.
-Visite d'une ecole avec nos amis Francais (Etienne et Sabrina) qui y ont developpe un projet multimedia.
-Location de velos pour visiter la peripherie de Katmandou. Nous partons avec un guide et un apprenti vers les rizieres et "patatieres" environnantes. L'apprenti semble etre a ses premiers coups de pedale sur un velo de montagne; il fait deux chutes dont une qui aurait pu etre fatale (il s'en sort avec les coudes en sang). Nos becanes nous menent a Bhaktapur, une ville parsemee de temples ou nous dormons pour observer les rites matinaux. Puis, nous retournons vers Katmandou dans un chaos de poussiere et de diesel dense... fumer une cigarette rendrait l'air inspire plus pur.

Apres ces 9 jours a Katmandou, nous partons vers Bangkok a bord d'un avion tellement archaique qu'il y a encore des cendrieres encastres a chacun des bancs. Le vol est magnifique et nous permmet de refaire nos "au revoir" a l'Everest et au Kachenjunga.

L'arrivee a Bangkok. Une succession de pad thai, som tam (salade de papaye verte epicee plus qu'a souhait), tom kha... ces plats a 1$ confectionnes dans les stands ambulants nous tracent un grand sourire sur les levres et nous font regretter les exces de chilis le lendemain. Mes premiers pas avec les massages thais: l'equivalent de te faire passer dessus par les Packers de Green Bay et te sentir soulage apres. C'est dans cette ville que nous rejoignons 3 nouveaux compatriotes: David Foisy (que nous accueillons avec des sauterelles grillees et une gorgee de rum), Caroline Reid et Hugo Larouche (qui n'ont plus peur des sauterelles). Fun plus.

A peine le gros orteil sauce dans la ville que nous voila en route vers Ko Payam, une ile oubliee du touriste moyen ou nous denichons deux bungalows sur le bord de la plage. Nos journees evoluent au gre des parties de volleyball, snorkeling, kayak, randonnees en scooter dans la jungle, surf... bref, des trucs ben ben plates. Le malheur s'abattant ainsi sur nous, notre simili-resort a un presentoir de poissons, crevettes et calmars frais du jour, et nous sommes obliges d'aller choisir la prise que nous voulons manger et comment nous voulons qu'elle soit cuisinee. Comble du desastre, il y a plusieurs plantations de cachous sur l'ile et ces derniers sont tellement peu chers que nous en mangeons a tous les jours. Ah, si vous saviez a quel point vous etes bien au Quebec.

Dans un bar reggae sur le bord de la plage, un wannabe Jimi Hendrix en pantalons de clown joue du djembe les yeux fermes et dit qu'il laisse ses feelings creer les rythmes sur son instrument. Avec un sarcasme aussi subtil qu'une mouche dans la chambre a coucher (ou bien d'une tige de rosier entre les orteils), je lui demande quels feelings composent cette rythmique qui ferait assurement pleurer les sourds. Il me repond "Infinity". Devant ce hippisme sur-accompli, j'empoigne ma guitare et une patte de crabe qui traine dans le sable (et qui fait maintenant office de pic) et je lui chante "Kill the crab, break the crab, dip the crab, eat the crab". Je me demande s'il a pris une douche le lendemain.

Puis, nous quittons cette ile paradisiaque pour aller faire de la plongee sur les iles Similan (nom qui figure dans le top 10 des sites de plongee dans le monde). Impossible de decrire le spectacle, sauf peut-etre que c'etait aussi beau que la rage dans une cage (Boom, tu comprends ben trop d'affaires).

Nous sommes presentement dans le parc national de Khao Sok ou nous avons dormi dans des huttes qui flottent sur un lac emeraude, ou les singes se balancent de branche en branche sans manger de bananes, ou nous avons visite des grottes, fait un safari nocturne en bateau, vu mais pas mange un sanglier, et urine dans le lac que peut-etre-qu'il-y-a-des-poissons-candiru-qui-remontent-le-jet-pour-se-loger-dans-l'uretre-mais-peut-etre-que-c'est-juste-en-Amazonie-mais-on-a-peur-pareil, peche sans rien pecher, etc, etc....

Je sais, je sais. Vous vous dites que ma vie c'est vraiment de la marde. Heureusement, je reviens bientot au bon vieux froid, a la poutine, et a l'Astral 2000. D'ici la, Ko Pha Ngan pour le full moon party (avec deux autres joueurs, Mathieu Bessette [technicien] et Judith Dore), puis Ko Tao pour d'autres plongees. Et aussi, d'ici la, je ne sais pas si je vais mettre le blog a jour. Alors profitez bien des tounes de Noel du nouveau cd d'Ima jusqu'a mon retour.

A bientot.

Maky

lundi 9 novembre 2009

Nepal 2


Ma derniere mise a jour semble remonter a si loin tellement la brochette d'evenements a raconter s'est allongee. Voici, dans une rafale cahotique, le recit du Maky au pays des sherpas.

Avant de quitter Pokhara, nous decidons de flamber nos devises. Un saut en para-pente, avec la chaine des Annapurnas tapissee en arriere-plan. Puis, une descente de riviere en rafting, bouteille de whisky nepalais en main. A peine sommes-nous debarques du pneumatique que nous voila sur le toit d'un autobus local que nous partageons avec une bande de rebelles maoistes et une chevre, direction Katmandou. Le plus jeune de la bande me lance: "We are on the maoist side, on which side are you?". J'y reflechis longuemet, puis, les bras dans les airs, je crie "MAOIST!". A leurs eclats de reire, je devine que c'est la bonne reponse.

A Katmandou, nous preparons notre trek dans la region de l'Everest. Le jour du depart, nous nous dirigeons vers l'aeroport en taxi. En chemain, nous croisons un chien avec la patte cassee que nous surnommons "Moises Alou". Puis, c'est evidemment le bordel a l'aeroport. Tout croche. Une succession anachronique de verifications, d'appels distortionnes aux haut-parleurs, de taxes aeroportuaires, d'emission de cartes d'embarquement par 7 preposes qui regardent l'ecran d'ordinateur comme Corky regarderait une equation differentielle. PH nous reconforte avec un the noir dont l'amertume ferait grimacer un cadavre, puis nous partons a bord de notre avion 16 places, destination Lukla. Un vol de 45 minutes dans les montagnes, et qui atterrit... dans les montagnes! Le coquepit etant ouvert, nous voyons arriver la piste inclinee s'approcher comme un mur vertical dans le pare-brise...

Chronique "Consistance": Angus Young n'a abandonne son poste qu'une journee pour Charles, pendant laquelle Rob Zombie a fait un remix de Cry me a river.

Devant nous, des kilometres de sentier qui doivent nous mener a Gokyo Ri, Cho La, Kala Pattar, etc. Nous ascendons les himalayennes au gre des bouses de yak, comme E.T. remontant les Smarties jusqu'a Eliott. De metres en metres, l'oxygene s'amincit, devenant presque aussi rare que les sosies de Kate Moss en Arkansas. Puis, arques sur nos batons de marche pour regagner notre souffle, nous levons les yeux sur ces geantes chargees de glace, les Everest, Cho Oyu, Ama Dablam (ma preferee), Lhotse, Makalu... Ces douze jours de trek sont tellement charges qu'il m'est impossible d'en dresser le portrait detaille. Je prefere enumerer quelques coups de coeur/moments forts:

- Les enfants. Toujours souriants. La petite Rangita de Namche Bazar, la morve au nez, qui nous crie "Hello" pour ensuite baisser ses culottes et uriner devant nous.
- Les forets de rododendrons. Le sol recouvert de feuilles mortes pourvoie ce bouquet automnal qui me manque lorsque je suis a l'exterieur du Quebec pour cette saison.
- Les toilettes. Ces trous dans le sol. Leur contour glace qui necessite un equilibre parfait. Ce bidon remplit d'eau, transformee en slush par les nuits glaciales, qui fait office de chasse d'eau. Cette toilette, en particulier, dont le slogan est "Use me well, keep me clean, I shall never tell what I have seen".
- Un petit basin d'eau de glacier a 4700 m d'altitude dans lequel nous nous baignons a 8:30 am.
- La pleine lune. Elle dessine des ramifications fluorescentes sur les montagnes, nous garde grelottants a s'imbiber du spectacle.
- Les tasses "Bananes en pyjama" du lodge a Lobuche. Ce lodge ou les rats vous accompagnent aux toilettes la nuit.
- Mes 12 dal bhats.
- Ce soleil plombant de midi qui, de concert avec une petite bouteille de whisky, rechauffe ce moment magique, au sommet du Gokyo Ri, avec deux bons chums, et un glacier qui s'etend a perte de vue (Un merci special aux virgules).

La palme d'or revient a mes nouveaux heros: les porteurs. Nous en croisons des centaines qui transportent de tout: des planches de plywood (jusqu'a 5 feuilles), du gaz (environ 70 litres), des vivres... le tout supporte par une bande passant sur leur tete, sur des distances surpassant parfois les notres, et en sandales Crocs, et pour 7$ par jour.

Un gros poing ferme avec le majeur bien droit au frette. On t'aime pas.
Chronique "Affaire sans dessein": La fin "country" de la chanson Souvenirs retrouves de Francine Raymond.

Nous terminons ces 8450 m de denivele (presque un Everest du niveau de la mer au sommet) en 11 jours plutot que les 20 prevus au depart, alors nous retournons a Katmandou avec 9 jours a faire la fete avant de partir pour la Thailande. C'est une belle phrase ca. Neuf jours a faire la fete avant de partir pour la Thailande. Neuf jours a...

Lectures de voyage:- La cite de la joie (Dominique Lapierre) - termine- Lattitude zero (Mike Horn aka Michel Klaxon aka Mon Ble D'Inde) - termine

vendredi 23 octobre 2009

Nepal 1





Retour d'un trek de 8 jours dans le sanctuaire de l'Annapurna. Ce matin, mes yeux se sont ouverts aux premieres lueurs du jour. Passer autant de temps dans les montagnes, ca instaure un cycle qui calque les levers et couchers de soleil. Mais ce matin, c'est ferie pour mes deux jambons gorges d'acide lactique. Pas de montee. Pas de descente. Rien.

Le Nepal s'avere etre un soulagement apres Varanasi et ses perce-oreilles (tellement gros qu'ils peuvent aussi faire des Prince Albert). Le tempo ralentit. Les evenements incongrus perdent en effectif. Les montagnes sont grosses.

Chronique exclusive "Sommelier sans sommier": Le Waimea. LA bouteille que Charles decide d'apporter au Nepal pour celebrer le debut de ses vacances. Un pinot noir avec un fort caractere, des mures biens persistantes et une finale caramelisee. Ce sera doux doux doux dans votre estomac. Croyez m'en.

C'est a partir de Pokhara que nous (Pehashmina, Ti-bec, Annine et moi) decidons d'aller rendre une premiere visite a ces roches nappees de glacage a la vanille: la chaine des Annapurnas. Denivele total de la randonnee: environ 3000 m. Par contre, les vallees etant ce qu'elles sont, nous devons encaisser plusieurs montees et descentes sans contribution a l'ascension totale. C'est ainsi que le denivele ressenti se voit double. Peu importe, nous avancons de village en village en ayant l'omnipresent Machapuchre (Fish tail, 6993 m) en arriere-plan. Nous passons successivement des rizieres aux forets de bambou, pour finalement terminer notre periple en region alpine. Le camp de base de l'Annapurna I. La ou ne poussent que les roches et le froid.

Je pourrais decrire le paysage au pied de ce geant (8091 m), mais j'ai bien peur de ne pas lui faire honneur. Alors je mets quelques photos qui, je l'espere, rendront du moins en partie la monstruosite de ces cailloux.

Voici quelques points forts/ridicules du trek:
-Les t-shirts d'Avril Lavigne. Plus nombreux que ceux de Shakira. Vous pouvez etre fiers d'etre Canadiens.
-Les vaches. Elles beuglent. Elles bloquent le chemin. Nous les aimons.
-Mes quelques phrases en nepali. Des mots qui font sourire les habitants et qui nous permettent d'interagir avec les enfants.
-Mes 11 dal bhats. Le plat typique nepalais qui consiste en une portion dementielle de riz, du dal (lentilles dans un bouillon garam masala) et un curry de legumes. Ce plat est implicitement a volonte, et il est difficile de refuser le deuxieme service.
-Jouer "Faust Arp" de Radiohead a 4300 m d'altitude, surpassant ainsi l'exploit de Thom Yorke sur sa petite colline (http://www.youtube.com/watch?v=YFYp_AK8G3w).
-Se baigner dans des sources thermales sur le bord d'une riviere d'eau de glacier.

Chronique "Affaire sans-dessein": Mon nouveau jeu nepalais qui s'intitule "Mastisca kaha tcha?" (ou est le cerveau?). Tu poses la question a quelqu'un, puis tu pointes differentes parties de ton corps en demandant "tyaha?" (la?).

Nous allons terminer notre aventure comme il se doit au bar 40,000 1/2 feet a Kathmandu, la ou toutes les expeditions aux Everest, Lhotse, Cho Oyu et cie se terminent. La coutume veut que nous inscrivions notre exploit sur un gros pied en carton pour ensuite l'accrocher au mur. Sur notre pied, nous inscrirons "Mont St-Hilaire, 414 m).

Demain paragliding. Apres-demain rafting. Ensuite, nous (-Annine) prenons l'avion jusqu'a Lukla pour aller trekker le camp de base de l'Everest, le Kala Patthar, le col Cho-La, ainsi que Gokyo Ri. Le tout nous ramenera a la semi-civilisation de Kathmandu le 16 novembre. Depart pour Bangkok deux jours plus tard. Ben ben du fun devant nous.

dimanche 11 octobre 2009

Inde 5 (final)



Fini l'Inde. Deux trois amis, un trip a Kathmandu.

Notre sejour a Varanasi. Derniere ville de l'Inde avant le Nepal. Nous voulions un dernier jab de l'Inde dans les dents. C'etait definitivement la bonne destination a cette fin. A peine debarques du train, nous nous faisons avoir dans une gamique de clown. "Bring us to the Vishnu Rest House"... le chauffeur de rickshaw nous amene evidemment a un faux Vishnu Rest House, le Maa Vishnu Guest House (ils ont un systeme de commission lorsqu'ils amenent des clients dans ces hotels bidons). Nous nous en rendons compte apres avoir paye une avance de deux jours. On se sent un peu idiots, mais ca passe.

Chronique "Consistance": Retour a ACDC. Enfin.

Nous remplissons notre horaire avec 32 activites... Randonnee de bateau au lever du soleil pour voir les ceremonies du matin sur les ghats (les marches qui descendent dans le Gange), randonnee de bateau le soir pour les ceremonies du soir, visite de quatre temples, visite de Mughaltown, cours de cuisine, spectacle de musique indienne, cours de sitare et tablas, et bien entendu, regarder des morts qui brulent! Pour ceux qui se le demandent (je sais qu'il y en a), non, nous n'avons pas vu de bebes tandoori. Ils sont jetes directement dans le Gange, sans cremation, attaches a une grosse roche. Tout comme les sadhus, les femmes enceintes, et les gens qui sont mordus par des cobras. Question de purete. Ca salit pas trop la riviere.

Chronique "Affaire sans-dessein": Notre truc pour nous debarrasser des vendeurs est de dire qu'on est allergiques a ce qu'ils nous proposent... Hashish = allergiques, tour de bateau = allergiques, trek = allergiques. Ou bien de negocier les prix a la hausse. Ca brise leur cerveau a coup sur.

Enfin, le depart de Varanasi vers le Nepal. En quittant l'Inde, j'essaie de tracer une synthese de ce pays... mais je me retrouve devant une tache impossible. Un peu comme essayer de tricoter un foulard avec une couche, un cadavre de chien, et une poignee de garam masala. C'est une diversite dont les parties ne forment un tout que par leur emplacement. A chaque jour, l'imprevu est a l'horaire, meme apres 5 semaines. Les elements incongrus se succedent dans une suite dont l'ordre semble tire au hasard. L'hypothese d'une intervention divine ne se tient qu'en considerant le penchant de Shiva pour le hashish (surement coupe au crystal meth). S'enchainent les vaches qui mangent du carton, les Bollywood ou l'equivalent indien de Van Damme tue 15 mechants puis se met a chanter et danser, un enfant de 5 ans dans le train qui prend 3 puffs dans un sac en plastique avant de donner trois coups de balai par terre et quemander quelques roupis, les murs d'hotel macules de crachats rougis par les chiques de betel (tabac a macher rouge qui donne la permission d'utiliser sa salive pour tracer son territoire), les sandales d'enfant accrochees au squelette des cyclo-rickshaw, les vendeurs de soie qui reussissent a me faire acheter pour 100$ de marchandise... Une experience des plus sensorielles; l'Inde, ou plutot LES Indes, percolent aisement au travers de notre bulle occidentale. Elles nous enduisent d'un film chaud et huileux en nous criant dans les oreilles. Elles sentent les dejections de la vie et les cendres de la mort; une celebration de l'incontinence dans une grange. Elles nous bousculent, nous faisant valser entre l'emerveillement et la colere. On l'aime, puis on la deteste, puis on aime la detester. Puis on apprend. On en part soulages, mais charges d'un bagage aux teintes de saris (robes colorees des femmes) et aux effluves de cumin qui nous y ramenera presque inevitablement.

Aujourd'hui, nous allons chercher Charles a l'aeroport (fun plus). Ensuite, depart vers Pokara pour un trek au camp de base de l'Annapurna. Ensuite, retour a Kathmandu pour un trek du camp de base de l'Everest avec un leger detour vers Gokyo. Mon gambadage dans les montagnes sera un obstacle a la mise a jour du blogue, alors soyez indulgents. C'est tout.

mercredi 7 octobre 2009

Inde 4




Bon...

L'Inde etant l'Inde, j'ai du, bien contre mon gre, vous delaisser quelque peu. J'ai essaye de transferer des photos a au moins 5 reprises, mais en vain. Le cordon qui raccorde les ordinateurs au serveur est un peu comme un fil qui trainerait dans de la marde de vache, la pisse de chien, et le jus de calinours, mais sans le jus de calinours.

De Leh a Delhi. Nous volons, parce que nous nous sentons riches. Survoler la chaine himalayenne, ca etend un sourire sur une face en ti-pepere et quart! Le tout pour nous ramener a Delhi, la ptite fille qui a mange un gateau au chocolat pis qui en a plein la face et qui crie parce que sa couche est pleine (cet arome qui ne demande pas la permission avant d'entrer dans le nez). Ayant lezarde assez longtemps dans les montagnes, nous etions prets a prendre la ville d'assaut. Voici quelques points marquants de notre court sejour dans la capitale:

-Jouer au criquet dans une ruelle avec des Indiens
-Chauffer un cyclo-rickshaw avec Ph et le chauffeur de cyclo-rickshaw sur le siege arriere
-Se faire payer un kulfi (creme glacee a la cardamone) par un Indien dans la rue qui avait oublie que c'etait lui le pauvre et nous les riches
-J'ai attire des clients dans un magasin d'epices avec l'approche indienne "My friend, you want spices, have a look"
-Me faire raser les cheveux pour 40 roupis, (90 cents).
-Et plus...

A partir de Delhi, nous avons deux nouveaux partenaires de voyage: Will et Annie qui travaillaient au Burgundy Lion avec PH.

Depart vers Darjeeling. Le plan: un train de 33 heures en classe pauvre (pas d'air climatise, et sale comme la panse d'un porc couche dans son lisier) et 3 heures de mini-bus. ERREUR ERREUR ERREUR. Premiere cochonnerie, on se reveille a la derniere minute pour se rendre a la gare alors nous demandons au chauffeur de taxi "Can you bring us there fast?"... il conduit alors a une vitesse dementielle et brule les lumieres rouges en disant "You see red light, for you, no red light, you happy, you give me good money". Tout ca pour attendre le train pendant 5 heures et se faire dire qu'il va etre en retard de 14 heures... 14 heures! Deuxieme essai le soir, le train n'a que 2 heures de retard. L'enfer. Fait chaud, ca pue, on est sales... tellement sales... Nous inventons la discipline olympique de la lingette 5602. Tous les participants prennent une lingette blanche (wet ones) et la rendent la plus sale possible avec leur face, leur cou et leurs bras. Et bien, je suis la personne qui accumule le plus de salete (medaille d'or)! Ph pour sa part a une mention d'honneur pour avoir fait moisir son chandail sur son dos.

Darjeeling. Merveilleuse ville, perchee dans les montagnes, entouree de plantations de the, et ayant pour arriere-plan la monstrueuse Kachengjunga (3e plus haute montagne au monde). Arrives a l'hotel, le proprietaire nous met du riz rose dans le front, nous verse 4 onces de whiskey, et nous donne 10 roupis et une sucrerie. J'imagine que c'est le riz rose, mais c'est a partir de la que mon tube digestif se transforme en usine de tisane au chat mort. Superbe usine. Tu mets n'importe quoi a l'entree... nan, momos, riz, chowmein,... a la sortie, c'est toujours la meme affaire. TISANE AU CHAT MORT.

Chronique "Hallucination auditive": Un petit garcon qui vendait des ballounes et qui disait "Ballounes, ballounes, ballounes"!

Nous avons visite le zoo (j'ai vu une panthere des neiges - mes parents comprennent l'emoi), le centre de mountaineering (etabli par le premier Sherpa a escalader l'Everest), une plantation de the (Happy Valley Tea Estate), nous avons bu du the noir, vert, blanc, raye bleu et jaune, BEAUCOUP DE THE... Une bien belle place que Darjeeling.

Ensuite, le Sikkim. 3 heures de route dans les plantations de the, la jungle et les rizieres pour se rendre a Gangtok. Une autre belle ville, mais qui est bondee de touristes Indiens. Un peu comme un village du Mont-Tremblant qui sent le clown. Deux jours la-bas nous suffisent et nous retournons a Darjeeling. Will nous quitte vers Calcutta. Annie nous quitte vers Kathmandu. Nous partons finalement vers Varanasi... en classe semi-riche cette fois-ci!

Et c'est la que nous sommes. A Varanasi. Les morts brulent. C'est chaud. Vous etes tannes de me lire. Nous partons vers le Nepal dans 2 jours. Charles Rousseau arrive bientot. On a hate, beaucoup.

mercredi 23 septembre 2009

Inde 3




(je vais ajouter une photo a la fois... c'est long)

Demain deja, nous quittons le Ladakh. Ses montagnes arides. Son air qui semble voler une tasse d'eau a chacune des expirations, qui crevasse les levres jusqu'au sang. Ses glaciers qui se fondent en rigoles autour desquelles se developpent de maigres parcelles verdoyantes. Ses routes impossibles qui doivent enjamber des cols enneiges pour relier les vallees. Ses monasteres isoles qui grimpent aux rochers, charges de moulins a priere et du flanant bouquet ou encens et beurre se metissent. Sa facon d'etre simple dans sa pointe-folle.

Mais ce que nous laissons plus que tout derriere, ce sont les gens. Leurs "Julley" chantants (qui signifient bonjour, au revoir, merci, de rien, et surement d'autres choses que nous n'avons pas eu le temps de saisir). Les tranchees que les annees creusent autour de leurs yeux a force d'hivers sans chauffage, de soleil sans ecran, et d'un air avare de la moindre goutte d'eau qui ose s'aventurer dans l'epiderme. Et leur sourire. Leur sourire qui perfuse, qui ne s'accorde jamais en nombre car il est constant, simple, et contagieux. Leur sourire qui transpire, qui innonde les rues ou vaches, chiens et sandales orphelines naviguent en paix... C'est donc le coeur serre que nous repartons vers Delhi, la rebelle.

Treve de plaisanteries, voici en quelques mots nos derniers jours:

La journee monasteres. Nous voyons successivement les monasteres de Likkir, Alchi, Rhizong et Lamayuru. Le tout en compagnie de notre conducteur/guide Dorje, et du couple d'Israeliens que nous surnommons affectueusement "Bras d'ours" et "Caca d'nez" (son reniflement provenant d'une sombre region entre le nez et la gorge a un effet tonerre dans le silence religieux des monasteres). A Alchi, il est interdit de prendre des photos dans le monastere. Le moine responsable avertit un touriste japonais pris sur le fait qui lui repond par un sourire niais. L'effet sashimi veut bien sur que notre imbecile prenne une autre photo... le moine, tel un ninja la couche pleine, prend alors son elan pour survoler une table qui les separe et assomer notre clown bride d'un grand coup de billets d'entree (il en restait au moins 250 dans la pile). Drole. Tres.

Chronique "Hallucination auditive": Alors que nous avalons gouluement notre diner, une chanson indienne dit tres clairement "Tu m'as dorlotte, dorlotte". Fait interessant, nous avons fait deviner de quelle chanson nous parlions a quelqu'un en lui recitant la phrase "Janik a vend des raies". Ca aussi, c'est drole.

Le Pangong lake. Un lac a 4 heures de routes tortueuses a partir de Leh, a 4300 m d'altitude. Beau. Pas mal. Nous residons dans une famille ou deux generations s'occupent de nous: les grands-parents et les parents (les enfants etudient a Leh). A un moment, une vache entre sur leur terrain et se dirige vers leurs reserves de foin... la vieille s'elance vers la bete alors que le conducteur commence a lancer des roches. Je veux, moi aussi, lancer des roches. Je prends un caillou et m'elance bien maladroitement... le projectile passe a environ 15 m de la bete, et 1.5 m de la vieille! Un malaise, suivi d'un rire incontrolable et d'excuses que la vieille dame semble trouver bien superflues.

Plans futurs: Delhi pour une journee, puis train vers Darjeeling. The noir, je vais te faire la passe du ptit canard qui tousse!

Lectures de voyage:
Moral Minds (Marc Hauser) - fini
Into thin air (Jon Krakauer) - fini
Shantaram (Gregory David Roberts) - en cours

vendredi 18 septembre 2009

Inde 2






Toujours au Ladakh. Comme dirait Daniel Boucher: "Ce pas mal BOOOooo par icIIIttte"!

Voici un resume cahotique de la semaine.

Nous assistons a un match de polo. Avec des chevaux. Avec une balle. Avec des chiens errants sur le terrain. Avec une voiture stationnee sur le terrain. Avec tous les problemes qu'entrainent des chiens et une voiture sur un terrain de polo, a 3500 metres d'altitude. Avec des joueurs de polo sur les chevaux.

Chronique "Affaire sans-dessein": Kapazoom, tu as souille nos souvenirs d'enfance.

Nous louons des scooters. Des vieux scooters. Des scooters manuels. En 10 minutes, je reussis a faire un willy (aussi involontaire qu'un sphincter), me perdre dans une rue sans lumiere et etouffer, prendre la clutch pour le frein, et rouler du mauvais cote de la rue (qui est le bon au Quebec). Considerant mes aptitudes, nous decidons d'aller conduire sur la route la plus elevee au monde, la Khardung La (5600 metres au plus haut point). Cette route mene a la Nubra Valley, une belle vallee. Une tres belle vallee. Dans la vallee, nous participons au Festival du Ladakh (ou Pestibal comme diraient les Indiens). Des chameaux, des momos, de la musique qui traite les
tympans comme du papier de toilette, des dunes de sable, et du CHANG! Enfin de la biere que l'on se dit... En fait, c'est un peu comme de la biere en transition. Bien opaque, la levure donne le coup d'envoi au bouquet, puis au gout, des fortes notes de levure prennent le relais. Pas genial. Quelques points de plus que la gomme savon maison (du grand inventeur Barette). Le gouverneur du Ladakh passant par la nous demande: "You guys enjoy your drink?". Nous lui mentons. Au retour de la vallee, la moped cede. A 500 metres du point le plus eleve. Pousser un scooter dans une cote a 5600 metres d'altitude, c'est exotique, mais on s'en passerait.

Chronique "Affaires de drole". Le Ladakh a une campane de sensibilisation pour la vitesse sur la route. Voici quelques slogans inscrits sur le bord de la route :
- I love you darling, but not so fast!
- Be gentle with my curves
- If you're married, divorce speed

Le Stok Kangri. C'est une montagne. C'est une grosse montagne. On la voit a tous les jours de notre chambre d'hotel (vous pouvez la voir sur une photo du dernier blog ou PH et moi sommes assis de dos - c'est la plus haute montagne a droite). PH en reve depuis longtemps. Nous decidons d'essayer de la gravir. C'est donc en compagnie de notre guide Norbu (qui veut dire en Ladakhi "On n'avait plus de cerveau quand on l'a fait donc on a mis une tranche de jambon cuit a la place"), un commando de l'armee, que nous nous enlignons sur les 6123 metres d'altitude du massif au sommet enneige. Nous passons de la ville de Stok au camp 2 la premiere journee. Nous nous reveillons le lendemain dans une tempete de neige qui fait redescendre tous les gens qui etaient au camp de base. La neige disparait tranquillement avec les degres que le soleil de 11 heures apporte. Nous nous rendons donc au camp de base, sachant tres bien que les flocons ont du etre plus abondants au sommet. La soiree est froide, et la sante de PH fait du downhill. Au reveil a 1:30 am (puisque le depart est planifie pour 2:00 am), PH n'est pas dans son assiette; entre puddings et condiments, il abdique apres 30 minutes d'ascension. Un soldat de perdu. Je continue mon chemin avec Commando qui continue a deblaterer des idioties dignes d'un jambon. A 8:00 nous atteignons le sommet. Une belle vue avec un mal de tete, le souffle court, une nausee, et les jambes molles. Un gros "tick" dans la boite "sommet de plus de 6000 metres". Puisque que notre "navet tireur de Pakistanais" veut avoir le meme cachet pour une journee de moins, il nous fait redescendre dans la meme journee jusqu'a Stok (a environ 3600 m d'altitude). Chemin total en 13 heures de trek: Camp de base (5050 m) - sommet (6123 m) - Stok (3600 m). Bobo.

Etant donne que l'on doit donner podium aux Grands, voici quelques moments celebres de notre Commando:
- Alors qu'il veut nous faire dormir a 1400 metres de plus que notre point de depart (les guides recommandent un maximum de 300 a 600 metres de denivele par jour pour
eviter les oedemes pulmonaires et cerebraux), il nous dit: "No need acclimatize!".
- A propos du glacier que nous devons traverser dans le noir total, il dit successivement: "No crevasses!" (j'ai du sauter par dessus trois), "Only little crevasses",
et "Crevasses, no problems!"
-Il laisse une palette de chocolat cheap (enveloppee) au sommet en cadeau pour je ne sais quel lama.

Chronique "Consistance": Toujours ACDC pour moi... une toune de Nathalie Simard pour PH (Moments magiques).

Bon, il ne nous reste que quelques jours a Leh, puis nous retournons vers Delhi. Je vous laisse sur l'hallucination auditive de la semaine: une femme qui faisait du
pouce et qui disait "M'EN ALLER!".

Mettez ca dans vos duo-tang. Et laissez des commentaires aussi.

lundi 7 septembre 2009

Inde 1






Ju-le!

Bon, me voici rendu a Leh en compagnie de PH "scrap toe" Marsolais. Seulement 6 jours se sont ecoules depuis mon arrivee en Inde, mais deja je devrai me contenir dans le detail de cette fresque cahotique.

L'arrivee a Delhi. Ouch le cerveau. Tes sens disent: "ARRETE!" mais Delhi continue. Ca bouge, ca pue, l'air est tellement plein de cochonneries que tu peux quasiment nager dedans, ca klaxonne, fait chaud, ca pue encore, c'est tout croche, c'est trop d'affaires en meme temps... Mais j'aime ben ben ca! Je semble bien naviguer dans le desordre.

PH arrive. J'entrevois le Tiger balm dans sa trousse de toilette. Je dors avec un oeil ouvert.

Chronique "Hallucinations auditives" (choses que l'on croit entendre en francais):

-Chars d’assaut (un marchand a Delhi)

-Janik ‘a vend des raies (chanson indienne)

-J’ai dejeune tot (chanson indienne)

-Ousque t’es mon petit chum chum ? (chanson indienne)

-J’aime tant les voisines (chanson indienne)


Apres une bonne saucette dans Delhi, PH et moi nous sauvons vers des paturages plus verts: Manali. Seize heures dans le fond d'un autobus qui a fait la guerre, sans avoir la prestance des petits tough de l'autobus jaune. A Manali, nous sommes loges dans un hotel juche sur une colline. Notre balcon ou nous sirottons les dernieres gouttes d’un single malt irlandais donne vue sur deux pics enneiges.


Chronique "affaire sans dessein" : Le pain nan a l’ail, c’est juste drole quand c’est mis dans la phrase "Kosse que tu fais la nan a l’ail ?"


De Manali, nous partons vers Leh. Deux jours de mini-bus avec une nuit dans une yourte a environ -5 C. Malgre le froid, l’experience est memorable. Nous apprenons a faire un curri de legume sur un rechaud (a la demande de Patrick Rousseau, je ne mettrai plus de photo de bouffe) et je jamme une toune de Sidewalk avec un indien trop poche aux percussions. Nous repartons vers Leh dans les routes en zig-zag. Nous voyons la carcasse d’une auto qui a deboule la montagne que nous nous appretons a monter. Croiser les doigts.


Chronique "Consistance" : Nous avons elabore un jukebox pour faire la trame sonore de nos visites au trone. Trois chansons :

-Hard as a rock (ACDC)

-TNT (ACDC)

-Cry me a river (Justin Timberlake)

Nous sommes toujours a la premiere chanson.


Nous sommes presentement a Leh. Pleins de moines. Un hotel avec une vue sur le Stok Kangri (que nous voulons grimper). Pleins de temples. Fait beau. On est ben !


Bon, c’t’assez !


Ju-le !


PS. S'il y a des fautes, c'est l'altitude.

mardi 1 septembre 2009

Au revoir Elizabeth...




Bonjour a tous,

Je serai bref car je quitte bientot pour l'aeroport London Heathrow.  Demain matin je serai a Delhi. Demain midi je mangerai du curry. 

Je suis de retour a Londres apres une semaine de congres a Dublin. L'Irlande, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est comme un endroit ou on boit de la Guiness. Pareil. Mais avec des differences. Ma presentation s'est bien deroulee, j'ai fait du bon reseautage, et ma boule de cristal projette maintenant une image floue des Bruins et d'une bisque de homard. Le tout devrait etre plus clair lorsque je nettoierai les dernieres taches de pad thai sur mes shorts a mon retour.

Mon passage a Londres a ete tres enrichissant. Sophie et Dan m'ont accueilli comme un roi! J'ai eu droit aux traditionels fish n chips, bangers n mash, mushy peas... et aux Evil Jellied Eels. Ce plat que Dan m'a decrit comme etant un East London Delicacy consiste en quelques morceaux d'anguille dans un jello d'eau de mer (voir photos ci-jointes). C'est donc avec ces images en tete que vous devez m'aider a trouver l'equivalent Quebecois pour le retour de Dan au Quebec. J'ai pense aux langues de porc dans le vinaigre et au boudin, mais vos suggestions sont les bienvenues.

Je joins aussi une photo de Brighton (ville cotiere au sud de Londres) sur le boardwalk. Vraiment, Angleterre, tu me decois. Tu me promets pluie et grisaille, et tu n'oses meme pas montrer un seul nuage.

Goodbye Elizabeth, goodbye beer battered cod... Je pars vers des horizons plus jaunes.

maky