dimanche 29 novembre 2009

Du Nepal a la Thailande






























J'ai encore une fois laisse beaucoup de temps s'ecouler avant de donner des nouvelles. Peut-etre est-ce a cause des iles paradisiaques ou les connexions internet faisaient un concours de lenteur avec mon cerveau imbibe de rum local. Ou peut-etre El Nino? Voici donc les grandes lignes de mon epopee depuis Katmandou jusqu'aux courants marins de la mer Andaman.

Notre sejour a Katmandou. Deux grandes occupations apres les semaines de trek: manger et boire. Pendant 9 jours. Nous avons meme un horaire pour reussir a manger a tous nos restaurants preferes avant de partir. Nonobstant l'orgie gastronomique nepalaise, quelques elements sont dignes de mention:
-Etant devenus tres bons amis avec notre vendeur de fromage de yak, nous sommes alles manger un dal bhat dans son appartement de 2x4 metres ou il vit avec sa femme et ses trois enfants.
-Notre restaurant prefere s'appelle le McDonal tandoori fast food. J'ai toujours un petit frisson desagreable lorsque j'entends "Est-ce qu'on va au McDo?" sortir de ma bouche.
-Visite d'une ecole avec nos amis Francais (Etienne et Sabrina) qui y ont developpe un projet multimedia.
-Location de velos pour visiter la peripherie de Katmandou. Nous partons avec un guide et un apprenti vers les rizieres et "patatieres" environnantes. L'apprenti semble etre a ses premiers coups de pedale sur un velo de montagne; il fait deux chutes dont une qui aurait pu etre fatale (il s'en sort avec les coudes en sang). Nos becanes nous menent a Bhaktapur, une ville parsemee de temples ou nous dormons pour observer les rites matinaux. Puis, nous retournons vers Katmandou dans un chaos de poussiere et de diesel dense... fumer une cigarette rendrait l'air inspire plus pur.

Apres ces 9 jours a Katmandou, nous partons vers Bangkok a bord d'un avion tellement archaique qu'il y a encore des cendrieres encastres a chacun des bancs. Le vol est magnifique et nous permmet de refaire nos "au revoir" a l'Everest et au Kachenjunga.

L'arrivee a Bangkok. Une succession de pad thai, som tam (salade de papaye verte epicee plus qu'a souhait), tom kha... ces plats a 1$ confectionnes dans les stands ambulants nous tracent un grand sourire sur les levres et nous font regretter les exces de chilis le lendemain. Mes premiers pas avec les massages thais: l'equivalent de te faire passer dessus par les Packers de Green Bay et te sentir soulage apres. C'est dans cette ville que nous rejoignons 3 nouveaux compatriotes: David Foisy (que nous accueillons avec des sauterelles grillees et une gorgee de rum), Caroline Reid et Hugo Larouche (qui n'ont plus peur des sauterelles). Fun plus.

A peine le gros orteil sauce dans la ville que nous voila en route vers Ko Payam, une ile oubliee du touriste moyen ou nous denichons deux bungalows sur le bord de la plage. Nos journees evoluent au gre des parties de volleyball, snorkeling, kayak, randonnees en scooter dans la jungle, surf... bref, des trucs ben ben plates. Le malheur s'abattant ainsi sur nous, notre simili-resort a un presentoir de poissons, crevettes et calmars frais du jour, et nous sommes obliges d'aller choisir la prise que nous voulons manger et comment nous voulons qu'elle soit cuisinee. Comble du desastre, il y a plusieurs plantations de cachous sur l'ile et ces derniers sont tellement peu chers que nous en mangeons a tous les jours. Ah, si vous saviez a quel point vous etes bien au Quebec.

Dans un bar reggae sur le bord de la plage, un wannabe Jimi Hendrix en pantalons de clown joue du djembe les yeux fermes et dit qu'il laisse ses feelings creer les rythmes sur son instrument. Avec un sarcasme aussi subtil qu'une mouche dans la chambre a coucher (ou bien d'une tige de rosier entre les orteils), je lui demande quels feelings composent cette rythmique qui ferait assurement pleurer les sourds. Il me repond "Infinity". Devant ce hippisme sur-accompli, j'empoigne ma guitare et une patte de crabe qui traine dans le sable (et qui fait maintenant office de pic) et je lui chante "Kill the crab, break the crab, dip the crab, eat the crab". Je me demande s'il a pris une douche le lendemain.

Puis, nous quittons cette ile paradisiaque pour aller faire de la plongee sur les iles Similan (nom qui figure dans le top 10 des sites de plongee dans le monde). Impossible de decrire le spectacle, sauf peut-etre que c'etait aussi beau que la rage dans une cage (Boom, tu comprends ben trop d'affaires).

Nous sommes presentement dans le parc national de Khao Sok ou nous avons dormi dans des huttes qui flottent sur un lac emeraude, ou les singes se balancent de branche en branche sans manger de bananes, ou nous avons visite des grottes, fait un safari nocturne en bateau, vu mais pas mange un sanglier, et urine dans le lac que peut-etre-qu'il-y-a-des-poissons-candiru-qui-remontent-le-jet-pour-se-loger-dans-l'uretre-mais-peut-etre-que-c'est-juste-en-Amazonie-mais-on-a-peur-pareil, peche sans rien pecher, etc, etc....

Je sais, je sais. Vous vous dites que ma vie c'est vraiment de la marde. Heureusement, je reviens bientot au bon vieux froid, a la poutine, et a l'Astral 2000. D'ici la, Ko Pha Ngan pour le full moon party (avec deux autres joueurs, Mathieu Bessette [technicien] et Judith Dore), puis Ko Tao pour d'autres plongees. Et aussi, d'ici la, je ne sais pas si je vais mettre le blog a jour. Alors profitez bien des tounes de Noel du nouveau cd d'Ima jusqu'a mon retour.

A bientot.

Maky

lundi 9 novembre 2009

Nepal 2


Ma derniere mise a jour semble remonter a si loin tellement la brochette d'evenements a raconter s'est allongee. Voici, dans une rafale cahotique, le recit du Maky au pays des sherpas.

Avant de quitter Pokhara, nous decidons de flamber nos devises. Un saut en para-pente, avec la chaine des Annapurnas tapissee en arriere-plan. Puis, une descente de riviere en rafting, bouteille de whisky nepalais en main. A peine sommes-nous debarques du pneumatique que nous voila sur le toit d'un autobus local que nous partageons avec une bande de rebelles maoistes et une chevre, direction Katmandou. Le plus jeune de la bande me lance: "We are on the maoist side, on which side are you?". J'y reflechis longuemet, puis, les bras dans les airs, je crie "MAOIST!". A leurs eclats de reire, je devine que c'est la bonne reponse.

A Katmandou, nous preparons notre trek dans la region de l'Everest. Le jour du depart, nous nous dirigeons vers l'aeroport en taxi. En chemain, nous croisons un chien avec la patte cassee que nous surnommons "Moises Alou". Puis, c'est evidemment le bordel a l'aeroport. Tout croche. Une succession anachronique de verifications, d'appels distortionnes aux haut-parleurs, de taxes aeroportuaires, d'emission de cartes d'embarquement par 7 preposes qui regardent l'ecran d'ordinateur comme Corky regarderait une equation differentielle. PH nous reconforte avec un the noir dont l'amertume ferait grimacer un cadavre, puis nous partons a bord de notre avion 16 places, destination Lukla. Un vol de 45 minutes dans les montagnes, et qui atterrit... dans les montagnes! Le coquepit etant ouvert, nous voyons arriver la piste inclinee s'approcher comme un mur vertical dans le pare-brise...

Chronique "Consistance": Angus Young n'a abandonne son poste qu'une journee pour Charles, pendant laquelle Rob Zombie a fait un remix de Cry me a river.

Devant nous, des kilometres de sentier qui doivent nous mener a Gokyo Ri, Cho La, Kala Pattar, etc. Nous ascendons les himalayennes au gre des bouses de yak, comme E.T. remontant les Smarties jusqu'a Eliott. De metres en metres, l'oxygene s'amincit, devenant presque aussi rare que les sosies de Kate Moss en Arkansas. Puis, arques sur nos batons de marche pour regagner notre souffle, nous levons les yeux sur ces geantes chargees de glace, les Everest, Cho Oyu, Ama Dablam (ma preferee), Lhotse, Makalu... Ces douze jours de trek sont tellement charges qu'il m'est impossible d'en dresser le portrait detaille. Je prefere enumerer quelques coups de coeur/moments forts:

- Les enfants. Toujours souriants. La petite Rangita de Namche Bazar, la morve au nez, qui nous crie "Hello" pour ensuite baisser ses culottes et uriner devant nous.
- Les forets de rododendrons. Le sol recouvert de feuilles mortes pourvoie ce bouquet automnal qui me manque lorsque je suis a l'exterieur du Quebec pour cette saison.
- Les toilettes. Ces trous dans le sol. Leur contour glace qui necessite un equilibre parfait. Ce bidon remplit d'eau, transformee en slush par les nuits glaciales, qui fait office de chasse d'eau. Cette toilette, en particulier, dont le slogan est "Use me well, keep me clean, I shall never tell what I have seen".
- Un petit basin d'eau de glacier a 4700 m d'altitude dans lequel nous nous baignons a 8:30 am.
- La pleine lune. Elle dessine des ramifications fluorescentes sur les montagnes, nous garde grelottants a s'imbiber du spectacle.
- Les tasses "Bananes en pyjama" du lodge a Lobuche. Ce lodge ou les rats vous accompagnent aux toilettes la nuit.
- Mes 12 dal bhats.
- Ce soleil plombant de midi qui, de concert avec une petite bouteille de whisky, rechauffe ce moment magique, au sommet du Gokyo Ri, avec deux bons chums, et un glacier qui s'etend a perte de vue (Un merci special aux virgules).

La palme d'or revient a mes nouveaux heros: les porteurs. Nous en croisons des centaines qui transportent de tout: des planches de plywood (jusqu'a 5 feuilles), du gaz (environ 70 litres), des vivres... le tout supporte par une bande passant sur leur tete, sur des distances surpassant parfois les notres, et en sandales Crocs, et pour 7$ par jour.

Un gros poing ferme avec le majeur bien droit au frette. On t'aime pas.
Chronique "Affaire sans dessein": La fin "country" de la chanson Souvenirs retrouves de Francine Raymond.

Nous terminons ces 8450 m de denivele (presque un Everest du niveau de la mer au sommet) en 11 jours plutot que les 20 prevus au depart, alors nous retournons a Katmandou avec 9 jours a faire la fete avant de partir pour la Thailande. C'est une belle phrase ca. Neuf jours a faire la fete avant de partir pour la Thailande. Neuf jours a...

Lectures de voyage:- La cite de la joie (Dominique Lapierre) - termine- Lattitude zero (Mike Horn aka Michel Klaxon aka Mon Ble D'Inde) - termine