


(je vais ajouter une photo a la fois... c'est long)Demain deja, nous quittons le Ladakh. Ses montagnes arides. Son air qui semble voler une tasse d'eau a chacune des expirations, qui crevasse les levres jusqu'au sang. Ses glaciers qui se fondent en rigoles autour desquelles se developpent de maigres parcelles verdoyantes. Ses routes impossibles qui doivent enjamber des cols enneiges pour relier les vallees. Ses monasteres isoles qui grimpent aux rochers, charges de moulins a priere et du flanant bouquet ou encens et beurre se metissent. Sa facon d'etre simple dans sa pointe-folle.
Mais ce que nous laissons plus que tout derriere, ce sont les gens. Leurs "Julley" chantants (qui signifient bonjour, au revoir, merci, de rien, et surement d'autres choses que nous n'avons pas eu le temps de saisir). Les tranchees que les annees creusent autour de leurs yeux a force d'hivers sans chauffage, de soleil sans ecran, et d'un air avare de la moindre goutte d'eau qui ose s'aventurer dans l'epiderme. Et leur sourire. Leur sourire qui perfuse, qui ne s'accorde jamais en nombre car il est constant, simple, et contagieux. Leur sourire qui transpire, qui innonde les rues ou vaches, chiens et sandales orphelines naviguent en paix... C'est donc le coeur serre que nous repartons vers Delhi, la rebelle.
Treve de plaisanteries, voici en quelques mots nos derniers jours:
La journee monasteres. Nous voyons successivement les monasteres de Likkir, Alchi, Rhizong et Lamayuru. Le tout en compagnie de notre conducteur/guide Dorje, et du couple d'Israeliens que nous surnommons affectueusement "Bras d'ours" et "Caca d'nez" (son reniflement provenant d'une sombre region entre le nez et la gorge a un effet tonerre dans le silence religieux des monasteres). A Alchi, il est interdit de prendre des photos dans le monastere. Le moine responsable avertit un touriste japonais pris sur le fait qui lui repond par un sourire niais. L'effet sashimi veut bien sur que notre imbecile prenne une autre photo... le moine, tel un ninja la couche pleine, prend alors son elan pour survoler une table qui les separe et assomer notre clown bride d'un grand coup de billets d'entree (il en restait au moins 250 dans la pile). Drole. Tres.
Chronique "Hallucination auditive": Alors que nous avalons gouluement notre diner, une chanson indienne dit tres clairement "Tu m'as dorlotte, dorlotte". Fait interessant, nous avons fait deviner de quelle chanson nous parlions a quelqu'un en lui recitant la phrase "Janik a vend des raies". Ca aussi, c'est drole.
Le Pangong lake. Un lac a 4 heures de routes tortueuses a partir de Leh, a 4300 m d'altitude. Beau. Pas mal. Nous residons dans une famille ou deux generations s'occupent de nous: les grands-parents et les parents (les enfants etudient a Leh). A un moment, une vache entre sur leur terrain et se dirige vers leurs reserves de foin... la vieille s'elance vers la bete alors que le conducteur commence a lancer des roches. Je veux, moi aussi, lancer des roches. Je prends un caillou et m'elance bien maladroitement... le projectile passe a environ 15 m de la bete, et 1.5 m de la vieille! Un malaise, suivi d'un rire incontrolable et d'excuses que la vieille dame semble trouver bien superflues.
Plans futurs: Delhi pour une journee, puis train vers Darjeeling. The noir, je vais te faire la passe du ptit canard qui tousse!
Lectures de voyage:
Moral Minds (Marc Hauser) - fini
Into thin air (Jon Krakauer) - fini
Shantaram (Gregory David Roberts) - en cours

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